numéro 16

 

Campagne pour la libération des ouvriers du textile d'Esfahan

 

 

À Juan Somavio, Directeur général de l'Organisation internationale du travail

 

 

Comme vous le savez, au cours de l’année dernière, la situation des ouvriers iraniens s’est encore considérablement aggravée.

 

En voici quelques exemples:

 

1- Augmentation du nombre de contrats provisoires qui non seulement font planer l’incertitude sur l’emploi futur des ouvriers mais les privent des droits mentionnés dans le code du travail.

 

2- Promulgation de la loi excluant les ateliers qui ne comptent pas plus de cinq ouvriers des obligations du code du travail, privant ainsi officiellement les ouvriers de ces unités des garanties et des droits sociaux de base prévus par ce code du travail.

 

3- Salaires impayés dans beaucoup d'usines, parfois jusqu’à 32 mois de retard, compromettant sérieusement la capacité des ouvriers d’assurer leur pain et celui de leur famille.

 

4- Nombreuses suppressions d’emplois, menaçant et rendant incertain l’avenir de beaucoup de travailleurs, alors qu’aujourd’hui les chômeurs et les ouvriers licenciés ne bénéficient pas de la moindre assurance chômage.

 

C’est dans ces conditions et pour tenter d’améliorer leur situation qu’une vague de protestations ouvrières a eu lieu ces derniers mois. La plus récentes de ces protestations fut la marche pacifique des travailleurs du textile de Baresh dans Esfahan, le Premier Mai 2001. Leur rassemblement pour demander le versement de leurs salaires impayés a été brutalement réprimé par la police anti-émeute, qui a arrêté 50 ouvriers de Baresh et fait plus de 20 blessés.

 

Nous, les signataires de cette lettre, exigeons que l'Organisation internationale du travail fasse pression sur le gouvernement iranien pour qu’il reconnaisse les droits des ouvriers et libère ceux arrêtés pendant des événements récents.

 

Nader Shakiba, porte-parole du Syndicat indépendant des ouvriers de l'Iran

14 mai 2001

 

kanoonkargari@yahoo.co.uk